Mis à jour le 26 octobre 2026
Votre prospect vient d’apprendre que MaPrimeRénov’ ne finance plus ses fenêtres. Il hésite, il compare, il menace de repousser son projet. Que lui répondez-vous ? Il vous reste un levier que beaucoup de commerciaux oublient de chiffrer : la TVA 5,5 % sur la fenêtre, sans condition de revenus, appliquée directement sur la facture.
Encore faut-il l’appliquer correctement. Une menuiserie hors critères, une ouverture créée au lieu d’être remplacée, une mention oubliée sur le devis : et c’est l’entreprise qui doit le complément de taxe en cas de contrôle. Ce guide fait le point sur les règles en vigueur au 2e semestre 2026, puis montre comment en faire un argument de conversion pour vos leads fenêtres.
En bref : en 2026, le remplacement d’une fenêtre bénéficie de la TVA à 5,5 % si le logement est achevé depuis plus de 2 ans, si l’entreprise fournit et pose la menuiserie, et si celle-ci atteint Uw ≤ 1,3 W/m².K avec Sw ≥ 0,3 (ou Uw ≤ 1,7 avec Sw ≥ 0,36). Il n’y a aucune condition de ressources et aucune obligation RGE. Depuis le 16 février 2025, le client certifie ces conditions par une simple mention sur le devis ou la facture, et la création d’une nouvelle fenêtre est exclue du 5,5 %.
Pourquoi la TVA réduite est-elle redevenue votre premier argument ?
Parce que c’est la seule aide fenêtres qui n’a pas bougé. Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ ne finance plus le remplacement de fenêtres en geste isolé : il faut désormais passer par une rénovation d’ampleur, avec accompagnateur et plusieurs gestes d’isolation. Nous détaillons ce basculement et ses effets sur la demande dans notre article pilier sur la fin de MaPrimeRénov’ pour les leads fenêtre et menuiserie.
La TVA réduite, elle, reste ouverte à tous les ménages. Propriétaire occupant, bailleur, résidence secondaire : peu importe. Et elle se cumule avec les CEE et l’éco-PTZ.
Faisons le calcul sur un devis type de 8 000 € HT pour quatre fenêtres :
- à 5,5 % : 8 440 € TTC ;
- à 10 % : 8 800 € TTC, soit 360 € de plus ;
- à 20 % : 9 600 € TTC, soit 1 160 € de plus.
1 160 € d’écart, c’est souvent l’équivalent d’une fenêtre supplémentaire. Un prospect qui vient de perdre sa prime MaPrimeRénov’ entend très bien ce chiffre. Encore faut-il le lui présenter avant que le concurrent ne le fasse.
Quelles conditions pour appliquer la TVA 5,5 % sur une fenêtre ?
Le taux de 5,5 % relève de l’article 278-0 bis A du Code général des impôts. Pour une fenêtre, quatre conditions doivent être réunies en même temps.
- Un local d’habitation achevé depuis plus de 2 ans. Résidence principale ou secondaire, maison ou appartement. Un local professionnel ou un logement neuf en est exclu.
- Le remplacement d’une menuiserie existante. Depuis le 1er janvier 2025, le texte vise le remplacement de fenêtres, fenêtres de toit ou portes-fenêtres existantes. La Fédération française du bâtiment le résume sans ambiguïté : la création de fenêtres est désormais exclue du taux réduit à 5,5 %.
- La fourniture et la pose par la même entreprise. Si le client achète ses menuiseries en grande surface et ne vous confie que la pose, le 5,5 % ne s’applique pas.
- Des performances thermiques minimales, détaillées dans la section suivante.
Ce qui n’est pas exigé compte tout autant pour votre discours commercial. Aucun plafond de revenus. Aucune qualification RGE obligatoire pour la seule TVA (elle le redevient si le client veut cumuler CEE ou éco-PTZ). Aucune démarche du client auprès de l’administration : la réduction figure directement sur la facture.
Et ce n’est pas tout : les travaux induits (dépose de l’ancienne menuiserie, reprise d’appui, habillage, raccords de peinture) suivent le même taux lorsqu’ils sont indissociables de la pose. Une facture bien construite ne se limite donc pas au prix de la fenêtre.
Quels critères Uw et Sw exiger de vos menuiseries ?
C’est le point technique qui fait basculer un devis. Les seuils sont fixés par l’article 30-0 D de l’annexe IV du CGI ; la CAPEB les a repris dans sa fiche pratique TVA 5,5 % de décembre 2025.
| Équipement | Critère pour la TVA 5,5 % |
|---|---|
| Fenêtre, porte-fenêtre | Uw ≤ 1,3 W/m².K et Sw ≥ 0,3 ou Uw ≤ 1,7 W/m².K et Sw ≥ 0,36 |
| Fenêtre de toit | Uw ≤ 1,5 W/m².K et Sw ≤ 0,36 |
| Double fenêtre (seconde fenêtre devant l’existante) | Uw ≤ 1,8 W/m².K et Sw ≥ 0,32 |
| Vitrage de remplacement (sur menuiserie conservée) | Ug ≤ 1,1 W/m².K |
| Porte d’entrée donnant sur l’extérieur | Ud ≤ 1,7 W/m².K |
| Volet isolant | Résistance de l’ensemble volet + lame d’air ventilée R > 0,22 m².K/W |
Deux remarques de terrain. D’abord, le Sw (facteur solaire) est le critère que les commerciaux oublient. Un double vitrage très isolant mais trop sélectif peut descendre sous 0,3 et sortir du dispositif. Ensuite, la fenêtre de toit fonctionne à l’inverse : son Sw doit rester inférieur à 0,36 pour limiter la surchauffe estivale.
Concrètement, exigez de votre fabricant une fiche technique avec Uw et Sw mesurés selon la norme NF EN 14351-1, et reportez ces valeurs sur le devis. C’est votre preuve en cas de contrôle. Si vous hésitez encore sur les matériaux à pousser selon votre cible, notre analyse PVC ou aluminium : quel ciblage pour vos leads menuiserie vous aidera à arbitrer.
Dans quels cas une fenêtre passe-t-elle à 10 % ou 20 % ?
C’est la question qui revient le plus souvent sur les forums de particuliers. Sur Forumconstruire par exemple, un internaute raconte avoir reçu deux réponses contradictoires : l’administration lui annonçait 5,5 % partout, l’expert-comptable de son artisan 10 % pour les ouvertures créées. Les deux avaient raison sur une partie du chantier.
Voici les cas qui font sortir du 5,5 % :
- Performances insuffisantes : une menuiserie qui ne respecte pas les seuils Uw/Sw relève du taux de 10 % (travaux d’amélioration dans un logement de plus de 2 ans).
- Création d’ouverture : percer un mur pour ajouter une fenêtre ou poser un velux là où il n’y en avait pas n’est plus éligible au 5,5 %. Selon la nature du chantier, le taux applicable sera 10 % ou 20 %, à valider avec votre expert-comptable.
- Matériel fourni par le client : la pose peut bénéficier du 10 %, mais les fenêtres achetées par le particulier restent taxées à 20 % chez le vendeur.
- Logement de moins de 2 ans, local professionnel, agrandissement de plus de 10 % de la surface : taux normal de 20 %.
Sur un même chantier, plusieurs taux peuvent donc coexister. La règle est simple : une ligne de facture par taux. Quatre fenêtres remplacées à 5,5 %, une ouverture créée sur une ligne séparée, et chacun sait ce qu’il paie.
Faut-il encore une attestation du client ?
Non. C’est la simplification la plus utile de ces dernières années. Depuis le 16 février 2025, l’article 41 de la loi de finances pour 2025 a supprimé les attestations Cerfa que le client devait remplir avant les travaux. Comme l’explique la CAPEB dans sa note sur la suppression des attestations, elles sont remplacées par une mention portée sur le devis ou la facture.
Par cette mention, le client certifie deux choses : que les travaux portent sur un local d’habitation achevé depuis plus de 2 ans, et qu’ils ne font pas partie des travaux exclus du taux réduit. Il signe le devis, et c’est fait.
Qui paie en cas d’erreur ? Le client est solidairement tenu du complément de TVA si la mention est inexacte de son fait (s’il a menti sur l’âge du logement, par exemple). En revanche, si c’est la menuiserie posée qui ne respecte pas les critères, le risque reste chez l’entreprise. Conservez devis et factures : le client doit les garder jusqu’au 31 décembre de la 5e année suivant les travaux, et vous, à l’appui de votre comptabilité.
Qu’est-ce qui a changé en 2025 et 2026 ?
Le régime a beaucoup bougé en dix-huit mois. Voilà ce qu’il faut retenir, dans l’ordre.
- 1er janvier 2025 : un arrêté du 4 décembre 2024 redéfinit les équipements éligibles. Les fenêtres doivent remplacer des menuiseries existantes ; les protections solaires mobiles entrent dans le champ.
- 16 février 2025 : fin de l’attestation séparée, place à la mention sur le devis ou la facture.
- 2025 : les chaudières pouvant utiliser des combustibles fossiles sont sorties des taux réduits (5,5 % et 10 %).
- 18 juillet 2026 : les pompes à chaleur air/air deviennent éligibles au 5,5 %, selon la FFB.
- 9 septembre 2026 : l’administration fiscale publie ses commentaires officiels de ces réformes dans l’actualité BOFiP du 9 septembre 2026, à l’issue d’une consultation ouverte en octobre 2025.
Et la loi de finances pour 2026 ? Elle n’a pas modifié les critères applicables aux fenêtres. Les seuils Uw/Sw et les conditions d’éligibilité restent ceux décrits plus haut. Le vrai changement pour votre activité en 2026 vient d’ailleurs : du retrait de MaPrimeRénov’ par geste, qui fait de la TVA réduite l’aide la plus visible pour le particulier. Ce même mouvement touche d’ailleurs les chauffagistes, comme le montre notre article sur les nouveaux barèmes MaPrimeRénov’ pour la pompe à chaleur.
Comment transformer la TVA 5,5 % en leads qui signent ?
Voici le point annoncé en introduction. La TVA réduite n’est pas qu’une ligne de facture : bien utilisée, c’est un critère de qualification et un argument de closing. Trois leviers concrets.
1. Qualifier l’éligibilité dès le formulaire
Trois questions suffisent pour savoir si un prospect pourra bénéficier du 5,5 % : votre logement a-t-il plus de 2 ans ?, s’agit-il de remplacer des fenêtres existantes ?, souhaitez-vous la fourniture et la pose ? Un lead qui coche les trois oui arrive chez votre commercial avec un argument prix déjà validé. Pour structurer ces champs sans faire chuter le taux de conversion, inspirez-vous de nos conseils pour créer des formulaires de capture de leads efficaces.
2. Chiffrer l’économie dès le premier appel
« Vous économisez 1 160 € par rapport au taux normal » parle plus que « vous avez droit à la TVA réduite ». Préparez trois montants types (2, 4 et 6 fenêtres) et donnez le chiffre dans les cinq premières minutes. Rappelez aussi que le client n’a aucun dossier à monter : c’est l’argument qui rassure ceux que MaPrimeRénov’ a découragés.
3. Cibler les bons profils
Les ménages aux revenus intermédiaires et supérieurs, exclus de fait de nombreuses aides, sont les premiers à réagir à un argument sans condition de ressources. Les propriétaires de résidences secondaires aussi. Nos leads fenêtres qualifiés se paramètrent justement selon le type de logement, le nombre de menuiseries et le délai du projet. Pour élargir vos canaux d’acquisition, voyez aussi nos techniques pour générer des prospects portes et fenêtres.
Un dernier rappel. Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique des particuliers exige leur consentement préalable : un lead fenêtre n’a de valeur que s’il est conforme. Nous faisons le point dans notre article sur la loi anti-démarchage 2026 et votre stratégie d’acquisition.
Chez Edilead, nous générons des leads dans l’habitat et la rénovation depuis 2016. Vous voulez des demandes de remplacement de fenêtres déjà pré-qualifiées sur l’éligibilité à la TVA 5,5 % ? Parlons de votre zone et de vos volumes.
Questions fréquentes
La TVA à 5,5 % pour une fenêtre est-elle soumise à condition de revenus ?
Non. Le taux de 5,5 % s’applique quel que soit le revenu du ménage, à condition que le logement ait plus de 2 ans, que l’entreprise fournisse et pose la fenêtre, et que celle-ci respecte les critères Uw/Sw.
Faut-il être RGE pour facturer une fenêtre à 5,5 % ?
Non, la qualification RGE n’est pas exigée pour la seule TVA réduite. Elle reste nécessaire si le client veut cumuler avec les CEE ou un éco-PTZ.
Un velux créé dans une toiture est-il éligible à la TVA 5,5 % ?
Non. Depuis le 1er janvier 2025, seul le remplacement d’une fenêtre de toit existante ouvre droit au 5,5 %, avec Uw ≤ 1,5 W/m².K et Sw ≤ 0,36. Une création d’ouverture relève d’un autre taux, à déterminer selon le chantier.
Le client doit-il encore signer une attestation de TVA ?
Non. Depuis le 16 février 2025, l’attestation séparée est supprimée : le client certifie les conditions par une mention sur le devis ou la facture qu’il signe.
Si j’achète mes fenêtres moi-même, ai-je droit au 5,5 % ?
Non. Le 5,5 % suppose que la même entreprise fournisse et pose. Si vous achetez vos menuiseries, elles restent à 20 % et seule la pose peut être facturée à 10 % par l’artisan.



